Les produits laitiers : avant de me lire.  

Les produits laitiers sont-ils nos amis ou nos ennemis? L’objectif de cet article sur les produits laitiers n’a pas pour vocation à vous faire culpabiliser ou à prendre position sur ce sujet. En tant que naturopathe, ma mission est de vous informer sur les bienfaits ou méfaits en toute transparence et de manière objective. Certes, depuis quelques années, la controverse des produits laitiers s’accentuent pour diverses raisons que nous verrons plus loin. Il est loin le temps où la publicité « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » faisait partie des slogans en vogue. À croire que peu de monde s’était renseigné de plus près sur le sujet. 

Les produits laitiers : source de vie à la naissance. 

Je ne vous apprends rien, le lait constitue l’alimentation de base du nourrisson. Soit la maman allaite son nouveau-né, soit elle le substitue avec du lait infantile aussi appelé préparation pour nourrisson (PNN) qui s’achète dans le commerce. Par ailleurs, le lait de vache brut est à proscrire pour les enfants de moins d’un an.

Ainsi, le lait représente la source d’alimentation principale du nourrisson jusqu’à ce que sa consommation diminue au profit de la diversification alimentaire à partir de 6 mois. Lorsque l’enfant arrête de consommer du lait (en général après l’âge de 3 ans), le corps arrête de produire de la lactase. Cette dernière est une enzyme qui permet de décomposer la protéine du lait appelé caséine. 

De quoi se compose le lait issu des produits laitiers ? 

Le lait contient plusieurs composants à savoir : 

  • Lactose : sucre naturellement présent dans le lait des mammifères, donc dans les produits laitiers. La digestion du lactose nécessite une enzyme spécialisée, communément appelée lactase, dont la plupart des adultes en sont dépourvus. Nous reviendrons sur ce point plus bas. 
  • Galactose : est aussi un sucre que l’on retrouve dans le lait et les produits laitiers. 
  • Calcium : souvent peu présent dans le lait pasteurisé. 
  • Caséine (80%) : protéine du lait qui est reconnue pour être allergisante ou du lactosérum. Alors là accrochez-vous : le lait de vache contient plusieurs types de caséine, dont la bêta-caséine dont il existe deux variantes A1 et A2.
  • Protéines : bonne source riches en acides aminés.
  • Acides gras notamment saturés. 

    Que reproche- t-on à l’industrie laitière ? 

    Le documentaire « Planète Lait » met en lumière la façon dont l’industrie laitière optimise la production de lait en sélectionnant génétiquement les vaches qui en produisent le plus. Finalement, la majorité des vaches sélectionnées produisent du lait riche en protéine A1 qui est plus allergisante que la protéine A2.

    Ensuite, les conditions d’élevage ne sont pas glorieuses. Comme le rapporte l’association L214, des veaux sont séparés de leur mère dès la naissance. Par ailleurs, on assiste à des vaches épuisées à force de produire autant de lait. Certaines ne voient quasiment pas le jour. Bref les conditions sont très précaires au détriment d’une production toujours plus soutenue. 

    Autre point, il s’agit de l’hormone de croissance bovine recombinée (rBGH). Cette dernière est une hormone synthétique qui encourage la production laitière. À noter que la rBGH se retrouve en faible quantité une fois le processus de pasteurisation terminé. Ensuite, des hormones sexuelles ont été trouvées dans le lait comprenant de la prolactine, des  oestrogènes, de la progestérone, des corticoïdes ou encore des androgènes. À date, aucune étude ne met en lien la présence de ces hormones à l’apparition de cancers. Mais il faut l’avoir en tête ! 

    Une question environnementale. La France compte le plus grand nombre de vaches laitières en Europe. Plus de 3,8 millions de vaches laitières produisent en moyenne chaque année 24 milliards de litres de lait. Ainsi, le coût de l’empreinte carbone des vaches laitières est ainsi estimé à plus de 1,1 milliard d’euros. La pollution de l’eau est aussi fortement impactée. Par ailleurs, les vaches sont nourries le plus souvent au maïs ou au soja, riches en pesticides dont la culture requiert beaucoup d’eau. Je vous laisse imaginer ce que contient le lait que vous buvez. Notez que le maïs ou le soja sont pro-inflammatoire pour notre organisme car riche en oméga 6.

    Enfin, lorsque l’on y pense, nous sommes les seuls mammifères adultes à consommer du lait d’une autre espèce. Du lait qui est à la base prévu pour faire grossir un veau de manière exceptionnelle en peu de mois.

    Le calcium des produits laitiers mal assimilé.

    Le calcium est nécessaire à la minéralisation, est le minéral le plus abondant dans le corps. Il constitue à 98% notre squelette, et le pourcentage restant vient se loger dans les dents, le sang, les muscles etc. Le calcium des laitages est absorbé à 32% (livre santé mensonge et propagande de Thierry Souccar et Isabelle Robard). Une valeur non négligeable mais qui reste inférieure à d’autres aliments comme les légumes crucifères (brocoli, choux de Bruxelles, chou chinois etc.) dont l’absorption peut grimper jusqu’à 60%

    Certaines eaux minérales sont aussi intéressantes pour leur apport en calcium (Hépar, Courmayeur, Contrex) qui peuvent se boire sous forme de cure. 

    Enfin, certains petits poissons gras (sardine, anchois etc.) sont pourvus de calcium hautement disponible grâce à leurs arêtes. J’achète les sardines à l’huile d’olive de la marque Parmentier. Le mieux étant de les préparer soi même afin de conserver tous les bienfaits de l’aliment.

    Intolérances aux produits laitiers : quels symptômes ? 

    Ce n’est qu’au cours des 50 dernières années que l’intolérance au lactose a été reconnue et analysée scientifiquement. L’intolérance au lactose se caractérise par des crampes abdominales, une distension abdominale, des flatulences en excès et des diarrhées.

    D’autres signes peuvent également vous mettre la puce à l’oreille. Par exemple des céphalées, de l’eczéma ou encore des troubles ORL.  Ces symptômes surviennent après la consommation de lactose (en général 30 minutes à 2 heures). À noter que le seuil de tolérance est propre à chacun. Enfin, certains témoignages corrèlent une diminution de l’acné après un arrêt total des produits laitiers et du gluten. En effet, ces deux classes d’aliments peuvent être pro-inflammatoires prit en excès. Encore une fois, il faudrait se pencher de plus près sur l’hygiène de vie de ces personnes, et voir ce qu’elles ont réellement mis en place comme changement pour conclure un lien de cause à effet. 

    Comment repérer une éventuelle intolérance ? 

    • Notez dans un journal de bord si vous apercevez des signes d’intolérances énoncés ci-dessus.
    • Si vous repérez plusieurs signes, alors réduisez ou éliminez la quantité de lactose jusqu’à ce que les symptômes diminuent voir disparaissent.
    • En revanche, si votre état ne s’améliore pas, alors un test respiratoire à l’hydrogène peut être prescrit par votre médecin en fonction du diagnostic qu’il aura établit. 

    Par ailleurs, il est important de ne pas confondre allergie et intolérance. L’allergie, plus rare et très grave, se rapporte toujours à une protéine (ici la caséine). Au contraire, l’intolérance concerne le lactose (sucre du lait). 

    Après avoir supprimé les produits laitiers durant au moins 3 semaines, il faut les ré-introduire très progressivement. Autrement dit, ½ yaourt, un peu de fromage etc. Et pas un bol de lait, un yaourt aux fruits et du beurre la même journée. Une fois que vous avez réintroduit progressivement, vous êtes apte à déterminer votre seuil de tolérance. Par exemple, si après un yaourt et un bout de fromage votre corps vous fait part de son mécontentement alors diminuez encore la quantité. 

    Mon avis sur les produits laitiers.

    Je ne suis pas pour les supprimer complètement de notre alimentation car ils sont une source non négligeable de probiotiques et de minéraux (calcium, potassium, phosphore etc.). Certes, l’impact écologique, le processus de fabrication ainsi que les conditions d’élevage n’encouragent pas à la consommation. 

    • En revanche, il est possible de consommer peu et de manière responsable. Par peu, j’entends 3 produits laitiers par semaine comme un bon bout de fromage à l’apéro.
    • Jouer sur la qualité du produit en optant pour un lait fermenté. En effet, plus ce dernier sera fermenté et plus il sera riche en probiotiques. Idéal pour nourrir votre flore. Si vous pouvez privilégier du bio c’est encore mieux ! 
    • Le type d’animal : le lait de chèvre ou de brebis est certes plus gras mais ces derniers sont généralement nourris avec de l’herbe. Au final, le lait sera plus riche en oméga 3 comparé à celui des vaches qui est plus concentré en oméga 6 à cause d’une alimentation riche en soja et maïs ultra transformés. Par ailleurs, nous avons vu que le lait de vache pouvait contenir de nombreuses hormones et des facteurs de croissance qui sont défavorables et pro-inflammatoires pour notre organisme ! 
    • Ne vous fiez pas au packaging ! Certes la photo du producteur de vache sur le packaging Danone ou Nestlé est attendrissante mais n’oubliez pas les conditions dans lesquelles ces vaches tentent de “survivre”. Par ailleurs, le salaire de ces éleveurs fait partie des rémunérations les plus basses du secteur agricole, soit 26 000 euros par an avant impôt.
    • Ne les consommez pas lorsque vous êtes malades car cela reste des produits pro-inflammatoire riche en sucre.

    Quels substituts aux produits laitiers ? 

    Pour rappel, voici une liste non exhaustive des produits contenant du lait. 

    • Lait.
    • fromage.
    • Yaourt, crèmes desserts.
    • Kéfir de lait.
    • fromage blanc.
    • Beurre.
    • Crème fraîche, sauce béchamel.
    • Crème glacée, crème chantilly, crème anglaise.
    • Chocolat au lait ou blanc.
    • Lait condensé, caillé de lait, lait en poudre, lait concentré.
    • Boissons lactées aromatisées.
    • Les sauces à base de crème : blanquette de veau, certains gratins, crème et épices.
    • Les pâtes feuilletées et sablées contiennent du beurre sauf si elles sont à l’huile.
    • Certains gâteaux industriels sablés ou moelleux.
    • Les produits contenant du fromage.
    • Toujours regarder l’étiquette du produit. Normalement, la mention lactose doit être indiquée.

      Par quoi remplacer les produits laitiers ? 

      • Pour commencer, voici une liste de fromage “pauvre” en lactose qui peuvent être plus facilement tolérés par votre organisme.
      • Il s’agit du Bleu,  du brie, du chèvre, du camembert, du cheddar, de l’edam, de la mozzarella, du gouda, du gruyère ou encore du comté.
      • Du côté des boissons on peut se reporter sur du lait végétal comme l’amande, le riz, la coco ou l’avoine.

      Si vous apercevez en rayon un produit sans fromage comme les “faux mages”, lisez l’étiquette et assurez vous qu’il ne contient pas d’additif, de colorant ou de conservateur (application OpenFoodFact au besoin). 

        En conclusion.

        Les produits laitiers sont nocifs en excès (comme pour tout). Si vous n’êtes pas intolérant et accro à ces produits, veuillez les choisir de préférence chez votre producteur au marché ou directement à la ferme. Ou bien les commander via des circuits courts plus responsables comme les AMAP. Optez pour du chèvre ou de la brebis dont les sources d’acides gras sont moins saturés que celui de la vache. Par ailleurs, le bio est parfois soumis à controverse mais il peut être intéressant si vient s’ajouter une mention du terroir comme le AOP. 

        En cas d’intolérance, l’idée n’est pas de les supprimer définitivement mais de faire un test de tolérance. Pour aller plus loin, une autre piste concernant l’intolérance peut se situer au niveau de la barrière intestinale qui fait défaut. 

        Le mieux étant de prendre Rdv pour connaitre plus en détail la cause du déséquilibre via une approche naturopathique

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