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QUESAKO : Le syndrome de l’intestin irritable. 

Vous le connaissez peut-être sous l’acronyme de SII, de colopathie fonctionnelle ou de syndrome du colon irritable. Ce déséquilibre digestif fait de plus en plus parler de lui depuis ces dernières années. Peu connu du monde des gastro-entérologues, le syndrome de l’intestin irritable affecte pourtant 5% de la population générale. 

Véritable handicap au quotidien, le diagnostic est souvent tardif et souvent associé à une cause psychosomatique. Autrement dit, les symptômes apparaissent et s’aggravent en cas d’épisode de stress. Or, il s’avère que le SII est aussi associé à à un trouble du fonctionnement de notre appareil digestif. 

Les symptômes de l’intestin irritable.

Parmi les symptômes répertoriés dans cette pathologie, on peut citer les troubles suivants.

  • Douleurs abdominales chroniques d’une durée de plus de 3 mois. Cette dernière peut-être intermittente et soulagée via l’émission de flatulences ou de selles. 
  • Ballonnements et/ou flatulences. 
  • Diarrhée ou constipation se manifestant au moins un jour par semaine sur les trois derniers mois.

En cas de diarrhée prédominante, on utilisera le terme SII-D. À l’inverse, en cas de constipation on emploiera le terme de SII-C. En cas d’alternance (de formes mixtes) alors le terme SII-M sera utilisé. 

Les causes de l’intestin irritable.

Voici une liste non exhaustive des causes qui peuvent expliquer le syndrome de l’intestin irritable.

  • La première serait un dysfonctionnement entre le système nerveux central et le système nerveux entérique.  Le système nerveux central permet d’​​organiser, de contrôler et de réguler des fonctions essentielles de l’organisme. Par exemple, la motricité, l’équilibre ou la perception (source SEP ensemble). Quant au système nerveux entérique (aussi appelé second cerveau), il fait partie du système nerveux autonome qui contrôle le système digestif. Pour résumer, la communication entre l’axe cerveau/intestin est perturbée occasionnant les symptômes évoqués ci-dessus.
  • Aussi, un trouble moteur de l’intestin grêle jusqu’au côlon est alors amorcé. Le péristaltisme qui se traduit par un mécanisme automatique des intestins permettant de faire avancer les aliments dans le tube digestif est compromis.
  • Le stress physique ou émotionnel. Vous l’avez sûrement entendu, l’intestin est notre deuxième cerveau et communique en permanence via le nerf vague. Ainsi, le stress altère la mobilité des intestins en réduisant le temps de vidange gastrique. Il réduit aussi la production du mucus protégeant la paroi de notre estomac dont le pH est très acide. Par ailleurs, certaines études auraient démontré que le microbiote jouerait un rôle dans la régulation du comportement de type anxieux.
  • Un régime alimentaire non approprié fait également partie des causes. Autrement dit, une alimentation riche en sucres, transformée/industrielle et pauvre en végétaux participe à ce déséquilibre. L’abus d’alcool est également un facteur de ce déséquilibre pouvant entraîner une dysbiose. Je vous invite à lire mon article sur ce sujet pour connaître les principales informations à retenir.
  • Pour continuer sur l’alimentation, un régime riche en Fodmap’s peut entraîner les signes cliniques énoncés plus haut. Ces derniers sont mal absorbés dans l’intestin grêle et peuvent être fermentés dans le côlon. Cette mauvaise digestion de sucre est aussi liée à un déséquilibre du microbiote intestinal. Attention, ce régime nécessite un accompagnement thérapeutique ! 
  • La prise d’antibiotiques sur une longue durée ou à répétition. 
  • Le SII peut aussi apparaître après un épisode de gastro-entérite d’une durée supérieure à 5 jours. Notamment chez les personnes au profil anxieux. 
  • Une prédisposition génétique serait mise en avant, mais les études sont encore en cours. 

    Syndrome de l’intestin irritable ou SIBO. Quelle différence ?

    Le SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) serait une cause du SII. Les principaux signes cliniques sont des gaz, des flatulences, de l’aérophagie, ainsi que des ballonnements. Cette accumulation de gaz dans les intestins a pour origine une remontée dans l’intestin grêle de bactéries situées dans le côlon. Arte en a d’ailleurs fait une série incontournable intitulée comment j’ai hacké mes intestins”. Cette chronique décrypte les aventures de Dora Moutot, une patiente experte atteinte de SIBO depuis des années. 

    Le SIBO peut se détecter via des tests respiratoires établis par des spécialistes ou en milieu hospitalier. Il  permet notamment de mettre en avant une quantité anormale d’hydrogène expirée. 

    Rôle du microbiote intestinal sur la digestion.

    Là aussi, je vous invite à lire mon article “le microbiote intestinal au cœur de notre bien-être”, afin de comprendre ce rôle. Par ailleurs, les éléments qui favorisent une dysbiose intestinale sont endogènes et exogènes. Vous trouverez ci dessous le récapitulatif. 

    • Alimentation non adaptée, riche en colorant et en pesticides.
    • Prise d’antibiotique et/ou d’anti-inflammatoire à répétition.
    • Stress.
    • Environnement riche en xénobiotiques.
    • Alcool et tabac.
    • Infection bactérienne.
    • Etc.

    Syndrome de l’intestin irritable : Zoom sur le stress.

    Il existe deux types de stress. Le stress dit “intéroceptif” dû à une affection digestive entraînant des phénomènes inflammatoires. 

    Le second stress est dit extéroceptif. Il implique des causes externes stressantes ou anxiogènes. Certains chiffres sont révélateurs de la situation. En effet, une personne sur deux ayant un SII fait une relation entre des événements stressants et la majoration de ses symptômes (source : livre Stress, pathologie et immunité) . Ce stress peut remonter jusqu’à la période néonatale. Par ailleurs, une étude révèle que des abus sexuels (dans 30 à 40% des cas) ont un rôle favorisant dans l’apparition d’un SII (source Pubmed).

    Les pistes étudiées face au syndrome de l’intestin irritable.

    Avant tout, un diagnostic médical permettra d’exclure toute pathologie dont des intolérances ou des dysfonctionnement de la thyroïde. À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement médical permettant de “soigner” l’intestin irritable. Cependant, certaines médecines non conventionnelles peuvent aider à soulager les symptômes. La médecine allopathique prescrit la plupart du temps des antispasmodiques pour calmer les douleurs intestinales. Ou bien certains ralentisseurs du transit en cas de diarrhée. Aussi, des antidépresseurs peuvent être donnés en cas de dépression. 

    Parmi eux, certaines études ont montré l’intérêt de l’hypnose chez les patients souffrant de SII. L’hypnose pourrait améliorer la sensibilité viscérale digestive sur la durée.


    Ensuite, un accompagnement naturopathique permettra de chercher la cause de ce déséquilibre et de mettre en place un programme pour rééquilibrer le système digestif. Ou encore d’agir sur la sphère psycho-émotionnelle. Par ailleurs, un accompagnement phytologique (via les plantes) pourra être conseillé pour travailler sur le terrain et sur l’équilibre de l’organisme. 

    D’autres accompagnements peuvent être bénéfiques dans la prise en charge du SII et notamment dans la gestion du stress. Il s’agit de la sophrologie, de certaines techniques de méditation ou encore du yoga. Un suivi psychologique peut éventuellement être conseillé pour un travail en profondeur.

    Concernant les probiotiques, il faut être vigilant à l’espèce et à la souche de bactéries qui les compose car les propriétés ne sont pas les mêmes. Les probiotiques ne modifient pas le microbiote intestinal mais aident à entretenir les bonnes bactéries. Ainsi, une étude aurait démontré qu’un mélange de probiotiques comprenant cinq souches (trois lactobacilles et deux bifidobactéries) aurait un effet bénéfique sur le SII (étude menée sur l’animal). 

    En conclusion.

    A l’heure actuelle, aucun remède médical ne permet de guérir du syndrome de l’intestin irritable (SII). Cependant, plusieurs éléments sont à prendre en compte dans ce déséquilibre de l’écosystème digestif. La partie psycho-émotionnelle, la gestion du stress et l’alimentation demeurent des facteurs impactant nos viscères. Il est important que l’axe intestin-cerveau puisse de nouveau communiquer. Pour cela, la médecine complémentaire trouve tout son sens pour soulager et réguler les symptômes. 

    Chiara Denis – Naturopathe Lyon – réflexologue & massage du ventre Chi Nei Tsang.